Pantin : du RSA aux ateliers de la mode

Articles par à août 31, 2015 dans Actualité | 0 commentaires

 Le Parisien – Publié le 22/06/15 – Aurélie LEBELLE

Jean-Luc François, le directeur fondateur des ateliers, vient encourager la dizaine d’élèves de la formation, dont Nazakat, 44 ans. (LP/Aurélie Lebelle.)

Jean-Luc François, le directeur fondateur des ateliers, vient encourager la dizaine d’élèves de la formation, dont Nazakat, 44 ans. (LP/Aurélie Lebelle.)

 

Pantin, le 5 juin 2015. Jean-Luc François, le directeur fondateur des ateliers, vient encourager la dizaine d’élèves de la formation, dont Nazakat, 44 ans. (LP/Aurélie Lebelle.)

On entend le ronronnement des machines à coudre et les murmures des élèves. Ici, rue des Sept-Arpents à Pantin, une poignée d’adultes apprennent consciencieusement à devenir les petites mains indispensables aux ateliers de création ou aux grandes maisons de couture. Car il y a une vraie demande mais peu de savoir-faire. Et Jean-Luc François l’a bien senti. Voilà pourquoi cet ancien couturier passé chez les grands noms, aujourd’hui correspondant pour l’Institut national des métiers d’art, a décidé il y a trois ans de former des adultes du 93 sur le carreau, pour les préparer à intégrer le microcosme de la mode. « Il y avait l’idée assez exacte que la mode est un univers inaccessible, qu’il est impossible de trouver un stage, décrypte-t-il. A côté de cela, on manque cruellement de gens formés… »

Après un an de concertation pour peaufiner le programme, il a lancé une formation de plus de trois mois, prise en charge par le conseil départemental et ouverte aux bénéficiaires du RSA. Hafoussoita, 49 ans, fait partie de la nouvelle promotion d’une dizaine de personnes. L’ancienne cantinière a passé sa jeunesse à coudre. « Je n’avais aucun diplôme, explique-t-elle. Aujourd’hui, j’apprends à être plus carré. » Idem pour Nazakat, 44 ans, ravi de se professionnaliser. « Je rêvais de faire de la couture quand j’étais au collège », raconte celui qui a mis la clé sous la porte de son magasin d’alimentation de Bondy. Si tous ne sont pas des couturiers amateurs au départ, ils répondent aux critères de motivation et de sérieux indispensables.

 

Les élèves ont trois mois de formation intense. Ils rêvent ensuite d’intégrer les ateliers de création. (LP/A.L.)

Depuis la mi-juin, ils ont intégré une entreprise. « L’idée est de les confronter au milieu professionnel, de voir si ça colle avec les équipes… », précise Jean-Luc François. Et ensuite ? Le directeur n’est pas inquiet. Déjà, les agences d’intérim spécialisées doivent venir rencontrer les élèves. « Ils trouvent tous rapidement des missions en sortant », assure-t-il. Des anciens ont été placés chez des créateurs parisiens ou dans des ateliers qui fabriquent pour Chanel, Hermès, Givenchy, Saint-Laurent. Souad, 41 ans, a les yeux qui brillent. « On a tous envie d’intégrer une grande maison, glisse cette ancienne aide-soignante. Je travaille dur et j’apprends beaucoup pour y parvenir. »

 

L’atelier va accueillir le premier incubateur textile régional

On connaissait déjà les incubateurs de start-up, ces lieux où des jeunes entreprises partagent expérience, réseau et bons conseils. Fin octobre, le concept va être développé pour la première fois au microcosme de la création textile. Ici, à Pantin, l’association Jean-Luc François lancera le premier incubateur textile d’Ile-de-France, financé par la région, pour accompagner les jeunes créateurs. Comment ? « Ils auront accès à un plateau technique pendant six mois et à une mini-formation pour les aider à se lancer, explique Jean-Luc François. Ils ont souvent beaucoup de soucis pour réaliser leur première collection. Notre rôle sera de servir de passerelle ! » A.L.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>